
On the road again
| Décembre 2008 | ||||||||||
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La Terre a encore tremblé à Java dans la nuit de samedi à dimanche emportant dans leur sommeil plus de 5700 personnes. Hommes, femmes, enfants ensevelis sous les décombres de leur maison. Et le Mérapi qui devient de plus en plus menaçant. Ces catastrophes rappellent que nous ne sommes que les hôtes de la Terre, de passage et soumis à sa loi. Elle nous fait vivre mais peut aussi reprendre nos vies en quelques minutes. Il n'existe rien de plus imprévisible qu'un tremblement de terre, il surprend en pleine nuit, au milieu du jour, en plein bohneur. C'est un malheur infligé et subi sans que l'on puisse accuser qui que ce soit. Il n'y a ni ennemi, ni vainqueur ni vaincu. Seulement un état d'urgence physique et moral. Et je ne peux m'empêcher de penser à ma mort et celle des miens si le tsunami avait frappé la nuit.
Ma mère, aussi, subit des bouleversements, la maladie, la dépendance. Elle ne s’est pas préparée à vieillir se croyant dans la toute puissance. Depuis plusieurs années, elle s'est installée dans une paranoïa, le vol, la méfiance. Je m'aperçois que je connais peu son histoire. Son attitude d'hier et d'aujourd'hui reflète peut-être un traumatisme de l'enfance. Je ne lui en veux pas mais nous avons tous la possibilité si pas la volonté de vivre mieux et de nous libérer des ombres du passé. J’ai le cœur meurtri de l’entendre souffrir mais personne ne pourra jamais calmer ce feu qui la ronge. Elle seule peut l'éteindre. La seule chose que je lui souhaite c’est de trouver la paix, celle du dedans. Et si son attitude devait être la signature d'une quelconque maladie sénile. Je prie pour que la fin de sa vie ne se transforme pas en enfer.
L’air, la bouffée de mots frais cueillis dimanche matin. A peine réveillée, j’ai reçu en plein cœur, le bouquet de rires de ma fille « Bonne fête maman ! » et puis le cadeau de mon fils, emballé dans du papier de soie, deux jolis bracelets « Cémoikilafé .» Et un coup de téléphone de mon autre fils, le grand, celui avec qui je me suis tant déchirée et chez qui je découvre un apaisement, un chemin. J’ai accepté avec spontanéité et gaieté leur bonheur, celui de me faire plaisir. Et si un jour, ils m'oublient je ne leur en voudrai pas car il y avait dans ce que j’ai reçu dimanche de la joie pour des mois et des années. J'ai insufflé un peu de cet amour à ma mère pour alléger son coeur. Don et partage.
Bracelet "Cémoikilafé"
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